11.07.2009
Douze propositions pour mieux lutter contre les violences faites aux femmes
La mission d'évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes a rendu ses propositions ce matin. Les députés attendent à présent un geste fort du gouvernement.
Aujourd'hui en France, 1,3 millions de femmes sont victimes, chaque jour, de la violence de leurs conjoints. Tous les deux jours et demi, l’une d’elles décède. Ces chiffres, révélés en 2000 par l’Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (Enveff), ne représentent pourtant qu'un échantillon des violences subies par les femmes au quotidien. Harcèlement sexuel, psychologique, violences sur la voie publique et au travail viennent compléter une liste déjà longue.
Depuis six mois, une trentaine d'auditions ont été menées dans le cadre d'une mission dite «d'évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes». Trente-six députés - toutes tendances politiques confondues - se sont mobilisés autour de Danielle Bousquet, députée PS des Côtes-d'Armor et présidente de la mission, pour apporter des réponses nouvelles à une problématique ancienne. Les témoignages d'une centaine de médecins, juristes, ministres et procureurs leur ont permis d'évaluer la politique menée actuellement contre la «violence de genre» et de développer douze propositions novatrices. En voici un aperçu.
Inscrire la lutte contre les violences faites aux femmes dans le préambule de la constitution
La mission souhaite introduire une «charte de la dignité de la personne humaine» dans le texte constitutionnel qui comporterait une condamnation solennelle des violences de genre, au même titre que les droits civils, économiques ou sociaux.
Plus qu'une loi-cadre, un «dispositif-cadre»
«L'idée n'est pas d'apporter un texte de plus mais de parvenir à monter un dispositif global, cohérent et coordonné», explique Guy Geoffroy, rapporteur de la mission. Un magistrat du parquet spécialisé dans ce type de violence et chargé de faire le lien entre juge pénal, juge des enfants et juge des affaires familiales, devrait ainsi être désigné dans chaque Tribunal de Grande Instance.
Renforcer la prévention en amont
«Ce n'est pas à l'âge quasi adulte qu'il faut parler de respect des femmes à un jeune, estime Danielle Bosquet. Les enseignants doivent être formés pour délivrer ce message, combattre les stéréotypes et les comportements de domination».
Créer une ordonnance de protection pour les victimes et mieux prendre en compte l'intérêt des enfants
La procédure du référé violence qui existe actuellement devant le juge civil est peu utilisée et ne concerne que les couples mariés. La mission plaide pour l'instauration d'une nouvelle ordonnance qui protégerait efficacement la femme mais aussi ses enfants dans un délai de 24 heures.
Inscrire un délit de violences psychologiques au sein du couple dans le code pénal
Afin d'éviter les phénomènes «d'emprise» qui peuvent aller jusqu'au suicide de la victime, la mission veut créer un «délit» de violence psychologique.
Proscrire le recours à la médiation pénale
Selon la mission, la médiation pénale placerait la victime et son bourreau sur un pied d'égalité. «Son utilisation peut laisser penser que les torts sont partagés, estime Guy Geoffroy. La victime ne doit pas penser une seule seconde qu'elle est en partie responsable de ce qui lui arrive».
Accorder un titre de séjour aux femmes en situation irrégulière
Parce que dénoncer un conjoint violent signifie révéler à la police sa situation de «sans-papier», la mission propose de soutenir les femmes en situation irrégulière, de leur accorder un titre de séjour et de leur ouvrir le droit à l'aide juridictionnelle.
Les propositions du rapport ont été adoptées à l'unanimité hier, mardi, par les députés de la mission. Il a ensuite été remis au président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, et devrait être examiné à la rentrée. Guy Geoffroy appelle de ses voeux le gouvernement à «sérieusement prendre en compte ces propositions» pour que ce texte ne soit pas «un rapport de plus qui intéresse la société un temps puis retombe dans des sables mouvants».
DELPHINE LEGOUTÉ Source : Libération
08:05 Ecrit par Sonia Bressler dans Droit des Femmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes3000, ong, onu, action, femmes, sciences, prix
17.08.2008
Quelques dates essentielles
1907 - Une femme mariée qui travaille à le droit de disposer de son salaire.
1924 - L'enseignement secondaire devient le même pour les filles et pour les garçons.
1942 - L'avortement est passible de la peine de mort.
1944 - Les femmes ont le droit de vote et d'égilibilité.
1945 - Le divorce est autorisé après trois ans de séparation de corps.
1946 - La constitution pose le principe de l'égalité des droits entre hommes et femmes.
1947 - Germaine POINSO-CHAPUIS est la première ministre de la santé.
1965 - Une femme peut ouvrir un compte en banque et travailler sans l'autorisation de son mari.
1967 - La loi NEUWIRTH autorise la contraception.
1970 - Autorité parentale : la mère devient l'égale du père si le couple est marié.
1971 - "A travail égal, salaire égal" entre hommes et femmes dit la loi.
1972 - Polytechnique est mixte, Anne CHOPINET est major de la promotion.
1974 - La loi Veil autorise l'IVG.
1975 - Possibilité de divorcer sans consentement mutuel.
1983 - La loi Roudy interdit toute discrimination professionnelle en raison du sexe.
1992 - La loi réprimande les violences conjugales et le harcèlement sexuel au travail.
2000 - Loi sur la parité en politique.
2005 - Laurence PARISOT est la première femme à diriger le Patronnat Français.
2007 - Anne Sophie PIC cuisinière à Valence décroche trois étoiles au Michelin. Du jamais vu depuis 1933.
2008 - Claude GREFF, Députée d'Indre et Loire
Dans le cadre de la discussion sur la Loi de modernisation des Institutions de la 5ème République, Claude GREFF, Députée d'Indre et Loire et sa collègue Marie-Jo ZIMMERMANN ont proposé un amendement qui vise à favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles et sociales.
Cet amendement a été adopté.
Il faut rappeler que l'article 3 de la Constitution, qui a été modifié par la Loi constitutionnelle du 8 juillet 1999 favorisait uniquement l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives.
Cet amendement est une avancée qui sera inscrite dans l'article 34 de la Constitution française.
15:40 Ecrit par Sonia Bressler dans Droit des Femmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Femmes3000, Histoire, ONG, ONU, droit, femmes, politique

