05.12.2008
Où en sommes-nous de la Parité ?
Pouey international, spécialiste de la gestion du risque client et du renseignement d’affaires, vient de réaliser un sondage sur la parité homme/femme dans les PME-PMI françaises.
Menée auprès de 60 chefs d'entreprise des Bouches-du-Rhône, cette enquête révèle que seules 10% des entreprises sondées sont dirigées uniquement par des femmes et que 10% font l'objet d'une co-direction homme/femme (contre respectivement 11,5% et 11,1% au national).
À noter cependant que, dans 86,7% des entreprises des Bouches-du-Rhône interrogées, les femmes occupent des postes à responsabilités.
Pour découvrir l'enquête en totalité, téléchargez-la ici !
11:37 Ecrit par Sonia Bressler dans Actualité(s)/Agenda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes 3000, actions, histoire, portrait, association, onu, ong
02.12.2008
Appel à parrainage cuiseurs solaires et poêles économes au Sénégal
Elisabeth Bazin, lauréate des Trophées 2008 de Femmes 3000, est à la fois présidente de l'association humanitaire française Saint Do Solidarité et à l'origine de l'association sénégalaise Soleil Vert Sénégal.
L'objectif de ces 2 associations est de lutter contre le déboisement et d'aider les femmes sénégalaises à cuisiner dans de bonnes conditions à travers la promotion des cuiseurs solaires et des poêles économes.
En effet le gaz étant trop cher, les femmes cuisent avec du bois ou du charbon de bois de plus en plus cher ou difficile à trouver.
Dans la cuisson traditionnelle au sol 85% de la chaleur part dans l'atmosphère. Avec le poêle à économie de bois la chaleur est concentrée dans la cheminée, elle même isolée par de la cendre et on utilise beaucoup moins de bois.
Le cuiseur solaire, qui fonctionne par effet de serre, n'a besoin que de soleil (mais il ne faut pas de nuages !) ; il s'adresse plutôt à de petites familles ou à des femmes qui vont faire des activités génératrices de revenu comme la confiture, les gâteaux , les oeufs durs.....
Ces appareils de cuisson sont fabriqués sur place à Rufisque dans des ateliers choisis par Soleil Vert Sénégal, Elisabeth Bazin étant chargée de vérifier la qualité des produits.
C'est l'association française Saint Do Solidarité qui soutient financièrement sa partenaire sénégalaise notamment dans la recherche de parrains pour les poêles et les cuiseurs, les femmes africaines ayant déjà des difficultés à nourrir leurs familles en particulier en ces temps de hausse des prix du riz.
Un poêle économe coûte 12000 CFA (18,3€) et un grand cuiseur 5000 CFA (75€).
Nous vous proposons de soutenir St Do Solidarité et Soleil Vert Sénégal en parrainant l'achat de poêles et de cuiseurs à hauteur de 10 € pour un poêle économe et de 40€ pour un cuiseur.
Le formulaire de parrainage
En savoir plus :
- la page consacrée à Elisabeth Bazin dans le dossier de presse des Trophées
- la vidéo d'Elisabeth Bazin à l'occasion des Trophées Femmes 3000, réalisée par Tais toi donc
11:38 Ecrit par Sonia Bressler dans Commission environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes 3000, actions, histoire, portrait, association, onu, ong
01.12.2008
Appel à candidatures pour le Prix Irène Joliot-Curie 2009
Le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et la Fondation d’entreprise EADS viennent de lancer l’appel à candidatures pour le Prix Irène Joliot-Curie 2009.
La date probable de la cérémonie de remise du Prix Irène Joliot-Curie sera avancée pour cette huitième édition au mois de mars 2009.
La date de clôture des candidatures est fixée au 15 décembre 2008 à minuit.
Pour ouvrir le plus largement possible l'appel à candidature, tant dans le domaine de la recherche publique que privée, le Prix Irène Joliot-Curie est organisé, depuis 2004, en partenariat avec la Fondation d’entreprise EADS.
Ce Prix récompense des femmes scientifiques d'exception, au travers de quatre catégories:
- la Femme scientifique de l'année,
- la Jeune femme scientifique,
- le Parcours Femme entreprise (pour les femmes scientifiques travaillant en entreprise ou ayant créé leur propre entreprise)
- et le Mentorat (destiné à couronner des personnes physiques ou morales qui aident les jeunes filles à entrer dans les carrières scientifiques).
Deux catégories peuvent particulièrement intéresser les femmes en entreprise :
- la catégorie "Parcours femme entreprise", qui vise les chercheuses travaillant en entreprise ou ayant contribué à créer une entreprise.
- la catégorie "Mentorat", qui peut correspondre à des profils de femmes qui en ont aidé d'autres à entrer dans l'entreprise, ou à progresser dans leur carrière. La multiplication des réseaux féminins témoigne de cet essor du mentorat (encore appelé "marrainage").
Nous sommes tous conscients de l'importance qu'il faut donner à de tels événements pour attirer de plus en plus de jeunes vers les carrières scientifiques, les jeunes filles en particulier dont le nombre est encore trop faible par rapport au potentiel humain de nos sociétés.
Je souhaite faire acte de candidature
17:05 Ecrit par Sonia Bressler dans Actualité(s)/Agenda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes3000, ong, onu, action, femmes, sciences, prix
27.11.2008
Une femme première secrétaire, nouvelle avancée de la parité
Pour la première fois de son histoire, le PS sera dirigé par une femme. Neuf ans après l'élection de Michèle Alliot-Marie à la tête de l'UMP, cette première confirme, malgré le climat délétère dans lequel elle est née, qu'une petite révolution est en marche. "A l'aspiration croissante des femmes à s'imposer aux plus hauts niveaux de la pyramide des pouvoirs, correspond aussi un changement radical des représentations, note Mariette Sineau dans La Force du nombre (éd. de l'Aube). L'opinion publique est passée d'une sorte de méfiance misogyne généralisée à une culture paritaire largement partagée."
Martine Aubry et Ségolène Royal, qui se sont âprement disputées la tête du PS, sont toutes deux issues du gouvernement Jospin, qui avait fait avancer la parité en politique : après avoir imposé au PS 30 % de femmes parmi les candidats aux législatives, Lionel Jospin avait, en 1997, appelé 30 % de femmes au gouvernement, ce qui constituait alors un record pour la Ve République. Deux ans plus tard, la Constitution consacrait le principe de parité : "La loi favorise l'égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives", proclame-t-elle aujourd'hui.
Dans un pays où les femmes ont tardivement obtenu le droit de vote (1944), les quotas imposés depuis lors dans les scrutins de liste comme les régionales ou les municipales ont permis de féminiser le personnel politique : aujourd'hui, les femmes représentent 47,6 % des conseillers régionaux et 47,5 % des conseillers municipaux des villes de plus de 3 500 habitants. Ces nouvelles élues, qui sont plus jeunes et moins "encartées" dans des partis que leurs collègues masculins, représentent un véritable vivier pour le monde politique.
Certains bastions, cependant, restent irréductiblement masculins. La loi sur la parité ne s'applique pas aux conseils généraux, qui ne comptent que 10,5 % de femmes, et les parlementaires restent très majoritairement des hommes : les femmes ne représentent que 21 % des sénateurs et 18,5 % des députés, ce qui place la France au 19e rang de l'Union européenne. Ces inégalités perdurent bien qu'elles entraînent des pénalités financières importantes pour les partis politiques : en 2007, le non-respect de la parité à l'Assemblée nationale a coûté plus de 4 millions d'euros à l'UMP et 500 000 euros au PS et à l'UDF-Modem.
Anne Chemin
Source Le Monde
15:09 Ecrit par Sonia Bressler dans Portraits de femmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes 3000, actions, histoire, portrait, association, onu, ong
Une femme première secrétaire, nouvelle avancée de la parité
Pour la première fois de son histoire, le PS sera dirigé par une femme. Neuf ans après l'élection de Michèle Alliot-Marie à la tête de l'UMP, cette première confirme, malgré le climat délétère dans lequel elle est née, qu'une petite révolution est en marche. "A l'aspiration croissante des femmes à s'imposer aux plus hauts niveaux de la pyramide des pouvoirs, correspond aussi un changement radical des représentations, note Mariette Sineau dans La Force du nombre (éd. de l'Aube). L'opinion publique est passée d'une sorte de méfiance misogyne généralisée à une culture paritaire largement partagée."
Martine Aubry et Ségolène Royal, qui se sont âprement disputées la tête du PS, sont toutes deux issues du gouvernement Jospin, qui avait fait avancer la parité en politique : après avoir imposé au PS 30 % de femmes parmi les candidats aux législatives, Lionel Jospin avait, en 1997, appelé 30 % de femmes au gouvernement, ce qui constituait alors un record pour la Ve République. Deux ans plus tard, la Constitution consacrait le principe de parité : "La loi favorise l'égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives", proclame-t-elle aujourd'hui.
Dans un pays où les femmes ont tardivement obtenu le droit de vote (1944), les quotas imposés depuis lors dans les scrutins de liste comme les régionales ou les municipales ont permis de féminiser le personnel politique : aujourd'hui, les femmes représentent 47,6 % des conseillers régionaux et 47,5 % des conseillers municipaux des villes de plus de 3 500 habitants. Ces nouvelles élues, qui sont plus jeunes et moins "encartées" dans des partis que leurs collègues masculins, représentent un véritable vivier pour le monde politique.
Certains bastions, cependant, restent irréductiblement masculins. La loi sur la parité ne s'applique pas aux conseils généraux, qui ne comptent que 10,5 % de femmes, et les parlementaires restent très majoritairement des hommes : les femmes ne représentent que 21 % des sénateurs et 18,5 % des députés, ce qui place la France au 19e rang de l'Union européenne. Ces inégalités perdurent bien qu'elles entraînent des pénalités financières importantes pour les partis politiques : en 2007, le non-respect de la parité à l'Assemblée nationale a coûté plus de 4 millions d'euros à l'UMP et 500 000 euros au PS et à l'UDF-Modem.
Anne Chemin
Source Le Monde
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22.11.2008
Simone Veil à l'Académie française
Simone Veil a été élue, jeudi 20 novembre, à l'Académie française, au premier tour de scrutin, a annoncé l'institution. L'ancienne ministre, 81 ans, s'installera dans le fauteuil de l'ancien premier ministre Pierre Messmer, mort le 29 août 2007, avec 22 voix sur 29 votants, cinq bulletins blancs et deux marqués d'une croix signifiant le refus de tous les candidats. L'Académie avait également enregistré les candidatures de trois auteurs – dont les noms n'ont pas été révélés –, qui n'ont obtenu aucune voix.
Née le 13 juillet 1927 à Nice, Simone Veil a été déportée à Auschwitz en 1944 avec sa famille. Entrée en politique en 1974 comme ministre de la santé dans le gouvernement de Jacques Chirac, elle a fait voter un an plus tard la loi qui porte son nom légalisant l'interruption volontaire de grossesse. Son élection à l'Académie française a scandalisé l'association anti-avortement Laissez-les vivre, dont plusieurs dizaines de membres ont manifesté dans l'après-midi à quelques centaines de mètres du quai Conti.
"POUR LA MÉMOIRE DE LA SHOAH"
Simone Veil s'est engagée au fil de sa vie dans les combats emblématiques de son époque, de la condition des femmes à l'Europe. Plusieurs fois ministre de 1974 à 1993, elle a présidé le Parlement européen de 1979 à 1982 et siégé au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007. Simone Veil est aujourd'hui présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Un destin politique, marqué par son athéisme et son féminisme, qu'elle raconte dans son autobiographie Une vie (Stock, 2007).
Attachée aux valeurs morales et républicaines, cette féministe inflexible a été une figure majeure de la vie politique française et européenne, et l'une des personnalités les plus populaires auprès des Français. Dans un communiqué, le président Nicolas Sarkozy a rendu hommage "au nom de la République, à la 'femme d'Etat' toujours au service de la France et à son perpétuel courage dans ses combats pour la liberté des femmes, pour l'Europe ou pour la mémoire de la Shoah".
L'élection de Simone Veil porte à cinq le nombre de femmes élues à l'Académie, où siégeaient déjà l'helléniste Jacqueline de Romilly, élue en 1988, l'historienne Hélène Carrère d'Encausse (1990) et les écrivaines Florence Delay (2000) et Assia Djebar (2005). Elle rejoint également celui qui fut à l'origine de sa carrière politique, l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, élu en 2003. L'Académie française, qui avait enregistré un nombre inhabituel de décès, a peu à peu reconstitué ses rangs depuis janvier. Après le scrutin de jeudi, un seul fauteuil reste en effet à pourvoir à l'Académie, qui compte normalement quarante membres : celui de l'écrivain Alain Robbe-Grillet, disparu le 18 février.
Source Le Monde
18:16 Ecrit par Sonia Bressler dans Portraits de femmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes3000, ong, débat, rencontre, maxim's, vieillir, médecine
13.11.2008
Les femmes sous-représentées en politique et parmi les décideurs

L'ONG basée à Genève, qui organise en janvier de chaque année la réunion de Davos, précise que la Norvège, la Finlande et la Suède sont les pays qui ont le plus réduit l'écart entre les sexes, alors que l'Arabie saoudite, le Tchad et le Yémen arrivent en queue de classement.
Selon le document, les femmes ont en général acquis la quasi-parité avec les hommes pour l'accès à l'éducation et à la santé mais ces progrès ne se traduisent guère dans les sphères politiques et économiques, notamment au niveau des "décideurs".
"Ce sont autant de talents inexploités", estime Saadia Zahidi, responsable du Forum économique mondial.
Le rapport qui concerne 130 pays s'appuie notamment sur des données récoltées par les Nations unies à travers le monde.
L'Islande et la Nouvelle-Zélande arrivent en quatrième et cinquième positions dans ce palmarès. La Nouvelle-Zélande est le premier pays à avoir accordé le droit de vote aux femmes, en 1893.
Les Philippines, dont la présidence est occupée par une femme, Gloria Macapagal Arroyo, se classent sixièmes. L'Irlande est 8e, les Pays-Bas et la Lettonie sont 9e et 10e.
Les Etats-Unis ne font pas mieux que 27e et le Canada perd 13 places pour se retrouver en 31e position.
Parmi les grands pays européens, l'Allemagne est 11e, la Grande-Bretagne 13e et la France 15e.
La Russie occupe la 42e position, la Chine la 57e, le Brésil la 73e et l'Inde la 113e.
En Amérique latine et dans les Caraïbes, Trinidad arrive en tête, à la 19e place du classement mondial, en raison notamment de l'augmentation du nombre de femmes au parlement.
L'Argentine, présidée par une femme, Cristina Kirchner, est 24e, juste devant Cuba, 25e.
En Afrique, le Lesotho est le pays où la parité est la mieux respectée et se classe 16e au classement mondial. Le Mozambique est 18e et l'Afrique du Sud 22e.
Les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord réalisent la moins bonne moyenne.
Laura MacInnis, version française Guy Kerivel
Source Le Monde
15:54 Ecrit par Sonia Bressler dans News | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes 3000, association, onu, ong, femmes, histoire, actualité
07.11.2008
Dossier de Presse des Trophées Femmes3000
La remise des Trophées Femmes3000 aura lieu jeudi 13 novembre au Sénat. Cette année c'est l'Afrique qui est à l'honneur.
Téléchargez ici le dossier de presse complet des Trophées !
21:58 Ecrit par Sonia Bressler dans Trophées Femmes3000 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes3000, ong, débat, rencontre, maxim's, politique, vie
15.10.2008
Grande soirée de remise des Trophées Femmes3000
Grande soirée de prestige de remise des Trophées 2008 de Femmes 3000 le 13/11 à 19h au Sénat : les inscriptions sont ouvertes !
Initiatives à l'étranger 2008 : l'Afrique
Sous le haut patronage de la Présidence du Sénat et le parrainage de Michel Guerry, Sénateur,
la soirée aura lieu le : jeudi 13 novembre 2008 au Sénat, à partir de 19h,
en présence de :
- Rama YADE, Secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’Homme, auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes
- Nicole AMELINE, Députée du Calvados, Membre experte au CEDAW – Nations Unies
- Patrick NICOLOSO, Ministre Plénipotentiaire, Ambassadeur chargé du Partenariat Afrique-Union Européenne
Vous pouvez d'ores et déjà vous inscrire, et ce jusqu'au 10/11/1008.
Ces trophées permettront de récompenser les Françaises établies en Afrique reconnues pour leur esprit d’entreprise, leur dynamisme, leur ouverture et leur créativité ainsi que pour leur contribution à la promotion de la femme et au rayonnement de la France.
Les partenaires de la soirée
Tarif :
- 65 euros pour les adhérentes
- 85 euros pour les non adhérentes
Pour vous inscrire, il vous suffit d'imprimer le carton d'invitation et de le renvoyer à l'adresse indiquée accompagné de votre réglement.
19:30 Ecrit par Sonia Bressler dans Trophées Femmes3000 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes 3000, association, onu, ong, femmes, histoire, actualité
07.10.2008
Benoîte Groult, une féministe qui sait se tenir
Après le succès phénoménal de son livre La Touche étoile, diffusé à 500 000 exemplaires, cette militante féministe, qui a marqué plusieurs générations de femmes, vient de publier, à bientôt 89 ans, une autobiographie. Portrait d'une rebelle, révélée sur le tard.
Elle se tient droite comme un «i». Pas question de s'appuyer contre le dossier du canapé. Encore moins de s'affaler. Affaire de principes. D'éducation, aussi. La petite fille de bonne famille, longtemps corsetée par «ce qui se fait» et «ne se fait pas», la petite Rosie, son prénom jusqu'à 18 ans qui «avait une nature plus réceptive que créatrice» comme jugeait, cruelle, sa mère, est toujours là, tapie quelque part. Elle lui rappelle qu'il faut toujours penser à bien se tenir. De toute façon, Benoîte Groult n'est pas de ces êtres que le poids des ans accable. Ou réduit. C'est une belle personne, élégante. Une vieille dame de 88 ans pas si indigne que ça, qui plante son regard droit dans celui de son interlocuteur et peut sortir des vérités dérangeantes avec un grand sourire. Avec une franchise et une liberté désarmantes «que seul l'âge peut donner».
Tout y passe. Cette langue française qui s'appauvrit, «on assiste à un désossement de la langue». Ses «héritières» en féminisme, qu'elle apprécie diversement. (Elle n'a pas aimé par exemple le dernier livre de Catherine Millet- «il n'y a pas une once d'émotion» -, mais aime beaucoup Virginie Despentes.) La politique, aussi : Mitterrand, bien sûr, qu'elle a beaucoup admiré- «on pouvait parler de tout, de littérature,de poésie» -, mais qui en la décorant chevalier de la Légion d'honneur, n'a pas pu s'empêcher, taquin, de préciser, que c'était une très bonne cuisinière. Sarkozy qu'elle juge sévèrement - «il est comme un galopin, il a foutu tout le prestige de la présidence à terre». Ségolène Royal pour qui elle a voté…
Et puis aussi, surtout, comme une toile de fond obsessionnelle, l'âge et son cortège de petits et grands désagréments. Physiques, mais aussi, mais surtout, moraux. L'impression d'être tenu en marge du monde qui va et qui court. De ne plus en être. Cela l'agace évidemment. Cela l'agace que les journaux féminins - «qui sont à nouveau comme au temps de ma jeunesse, on n'y parle plus de féminisme, on parle de cocooning, de femmes qui réinvestissent la maison, de silicone, la beauté redevient obsessionnelle» - ne songent plus jamais à lui demander un article.
Cela l'irrite de voir la jeunesse si envahissante. Impérieuse. Elle se souvient ainsi que lorsqu'elle était enfant, les mannequins de la maison de couture de sa mère avaient 40 ans. Mais, depuis quelques années, leur âge ne cesse de décroître. Et cette coquette assumée, cette grande bourgeoise affranchie de se désoler en découvrant que la publicité de l'honorable maison Burberry met en scène «deux petits puceaux ridicules qui ont l'air d'avoir 13 ans». Elle ne s'y fait pas. Elle n'accepte pas de ne pas, de ne plus «avoir sa place». D'être appelée grand-mère. «Je suis encore madame !»
Elle s'exaspère de se sentir exclue. De tout ou presque. Des magasins : «On y trouve soit des dessous affriolants qui ne cachent pas les bourrelets après 65 ans, soit des culottes de bonne sœur.» Comme du monde de la séduction. «Ce n'est pas vrai que l'on devient sage avec l'âge, c'est une qualité qu'on vous colle. On ne peut plus être fou.Ce n'est pas de la sagesse, c'est de la résignation.On rêve d'une aventure encore, que quelqu'un vous demande : “Je peux dîner avec vous ?”» Mais, non, cela n'est plus d'actualité, regrette Benoîte Groult- «Les hommes ne me voient plus. Ils ne se lèvent même pas pour me laisser leur place», poursuit-elle.
Mariée trois fois (avec le jeune poète Pierre Heuyer puis avec Georges de Caunes et Paul Guimard), séductrice qui s'est révélée sur le tard, longtemps écrasée par la statue imposante de sa mère, «je l'admirais en bloc mais tout ce qu'elle faisait en détail me hérissait», l'auteur ne s'y fait pas. Mais bon. Qu'importe. Sa mère comme sa sœur Flora sont mortes, Paul Guimard aussi. Désormais seule, l'écrivain est à l'heure du bilan.
Il y a deux ans, le succès phénoménal de son livre La Touche étoile (diffusé à plus de 500 000 exemplaires) l'a remise sur le devant de la scène. Elle y plaidait sans fard pour le droit de mourir dans la dignité et de décider de l'heure de son départ. Aujourd'hui, Benoîte Groult a décidé de rassembler ses souvenirs, tous ses souvenirs, dans un livre autobiographique qui vient de paraître. Son titre n'exige pas d'explication : Évasion.
Anne Fulda
«Mon évasion», de Benoîte Groult, Éditions Grasset, 336 pages, 19,50 €.
Source : Le Figaro
10:19 Ecrit par Sonia Bressler dans Portraits de femmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes 3000, actions, histoire, portrait, association, onu, ong

